Le Presbytère

Le nom lui-même vient de « presbyteros » qui veut dire prêtre ; c’est la maison destinée au curé de la paroisse, appelé aussi «domus paroecialis » selon le Code de droit canonique qui désigne ainsi la maison paroissiale.

Le presbytère doit être situé près de l’église et le curé doit y résider. Le curé révoqué doit alors libérer le plus rapidement possible ce local de fonction, à moins d’être malade et de ne pouvoir être transféré. Un courrier d’Août 1808 adressé par Monsieur Duquesnel, maire, à la préfecture précise que la commune n’a pas pu procurer de maison presbytérale au desservant, qu’il est logé à ses frais sans aucune indemnité. En 1809, le ministre des Cultes écrivait :

« une paroisse sans presbytère n’est point un établissement complet ».

En janvier 1815, un courrier du maire, Monsieur Duquesnel, signé par les conseillers : Debeauvais, Rousselle, Sevin, Bouchon et Fiquet, informe le Préfet que la commune est dans l’incapacité financière de faire l’acquisition d’un presbytère. En contrepartie, la municipalité alloue au curé Louvet, une somme annuelle de 150 frs, somme qui sera complétée par une contribution des habitants « en reconnaissance pour le soin qu’il a donné pendant de longues années ».

Le 7 août 1830, la commune par l’intermédiaire de son Maire, Monsieur Languebien demande à la Préfecture l’autorisation de lever un emprunt de 3 000 frs pour l’acquisition de la maison presbytérale, remboursable sur 4 ans.

La demande est agréée, la maison est achetée, sa localisation n’est pas mentionnée. Il est toutefois spécifié que la maison en très mauvais état devra recevoir de nombreuses restaurations, éventuellement être reconstruite. La vente est signée par les héritiers de Monsieur Laurent à l’étude de maître Allard, notaire à Amiens. L’architecte Monsieur Marest, à Amiens est choisi pour évaluer les travaux. Quelques travaux sont réalisés dont un mur dans le jardin entre presbytère et sacristie en 1832 (la loi de 1790 stipulait que les presbytères devaient posséder un jardin de 25 a. environ).

En 1833, l’entrepreneur, menuisier, charpentier de Petit Cagny, Monsieur Pinchinat réclame le premier versement pour des travaux de reconstruction réalisés l’année précédente. Le projet avait été voté par le conseil et les dix plus forts contribuables du village et suivi par Monsieur Dubois, par l’architecte et par Messieurs Debeauvais et Jumel. La dette de la municipalité s’élève alors à 7 000 frs, remboursables en 4 ou 5 ans. Une nombreuse correspondance s’établit entre Monsieur Dubois, maire et la Préfecture pour le paiement de ce premier acompte qui ne vient pas. Chacun devant jurer sur l’honneur que les travaux avaient été bien menés.

En 1838, Monsieur le Curé Valembert signale au Préfet que le presbytère, en mauvais état, demande réparations, en particulier une vieille grange servant de bûcher, d’étable, d’écurie et de cave. Le bâtiment devait être remplacé par deux plus petits. La commune propose la vente d’une trentaine d’arbres pour en assurer le financement. Les travaux sont abandonnés au profit de l’entretien des chemins vicinaux et ne seront effectués qu’en 1841 pour un montant de 794,75 frs pris sur la Caisse municipale.

En avril 1842, Monsieur le Curé Valembert se plaint auprès du Préfet des agissements de la municipalité envers la fabrique (le Conseil de fabrique est formé de laïcs ou de clercs chargés de veiller à la bonne tenue de l’église et du presbytère. Ses revenus provenaient des quêtes, offrandes, dons, loyers et fermages s’il y en avait et de la location des places de bancs d’église. Il disparaît en 1905 avec la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat).  Monsieur le Curé indique que 3 membres du Conseil municipal administrent depuis 6 ans le Conseil de Fabrique sans avoir été réélus. Il dénonce que le maire veut nommer Monsieur Bouchon, Madame Eléonore Hazard et Monsieur Natalis Fiquet en remplacement de 3 conseillers évincés.

La réponse ne se fait pas attendre, en juillet Monsieur le Maire informe Monsieur le Préfet que Monsieur le Curé n’aurait pas dû lui écrire, qu’il s’agit d’une erreur et que les 3 conseillers remplacés refusaient tous ses projets et ne partageaient pas ses opinions… Il précise aussi que les conseillers doivent être pris parmi les notables….. 1842 encore, une demande est faite auprès de la préfecture pour la remise en état du passage menant du presbytère à l’église, traversé par un ruisseau. 

Le mauvais état n’étant pas jugé suffisamment important, la demande est rejetée.

En 1852, une prime d’assurance, adressée à Monsieur Bouchon, Maire, nous renseigne sur une maison avec des bâtiments annexes situés dans la rue «Impasse de l’Eglise» servant de logement au prêtre avec pignon de brique, pans de bois et couverte de tuiles. L’ensemble est estimé à 4 000 frs, le montant de l’assurance se monte à 1,92 frs. En 1854, reconstruction des murs entre presbytère et sacristie payée par le fonds du Budget des Cultes du Ministère de l’Instruction et des Cultes. En 1855, le maire, Monsieur Bouchon reçoit un avis d’imposition pour différents bâtiments dont l’église, le presbytère, le cimetière etc.

Le curé Valembert meurt en 1895 après 61 ans passés à la cure de Dury. Le Conseil municipal vote un crédit pour l’achat d’une couronne. 1895, c’est l’année où une commission est désignée pour constater l’état du presbytère. En 1896, Dury compte 640 habitants et le maire, Monsieur Hazard écrit :« Vu l’état déplorable dans lequel se trouve le presbytère, état causé par la vétusté par un vice de construction (vieux matériaux et par la négligence dans les réparations) ».

Un nouveau bâtiment est construit, notre actuel presbytère...

Une construction neuve est décidée, l’architecte Georges Antoine (grande famille amiénoise d’architectes) demeurant 2 rue d’Alger (auj. rue Vincent Auriol) est nommé. Les entrepreneurs seront : Messieurs Deparcy, maçon ; Corroyer, Charpentier ; Duparcq, zingueur ; Marcel, menuisier ; Lemaire, couvreur ; Demolliens, serrurier, Roussel, vitrier. Une demande de financement est déposée en préfecture. Les souscripteurs volontaires se font connaître : E. Vasselle, E. Ducastel, P. Galet, Me Vve Honlet, Parent Dumont, S. Poteaux. L’ancien presbytère est démoli : un bâtiment en fond de cour formant logement principal, 2 pavillons à droite et à gauche, les matériaux vendus. En 1900, Monsieur Auguste Andrieux et les membres du Conseil municipal, Messieurs Mézan, Morel, Henri Véru, Dumont, Garçon, Théophile Véru, Hazard et Delahaye demandent à la Préfecture la réception des travaux du presbytère. Le coût initial de 12 550 frs est largement dépassé et atteint 17 635,46 frs. Il est entendu que les 5 085,46 frs de différence seront réglés par deux généreux donateurs : Monsieur Vasselle, propriétaire à Dury et l’abbé Poteaux, le nouveau curé. Les plans consultables aux Archives départementales de la Somme prouvent qu’il s’agit de notre presbytère actuel.

Le Conseil de fabrique est supprimé en décembre 1905, au moment de la séparation de l’église et de l’Etat, l’article 14 de la loi spécifie que les presbytères, dans les communes ayant un ministre du culte, seraient laissés gratuitement, pendant une période de cinq ans, à la disposition des établissements publics du culte, puis des associations cultuelles qui leur succèdent.

En janvier 1907, les presbytères sont mis à la disposition des communes qui peuvent les louer ou non aux curés, le bail devant être approuvé par le Préfet afin que les communes ne louent pas trop avantageusement le local au prêtre. Mais la commune toutefois n’est pas obligée de louer son presbytère.

Celui de Dury est loué pour servir de logement aux différents curés qui s’y succèderont par l’intermédiaire d’une association diocésaine qui signe le bail, généralement pour une durée de 9 ans. On en trouve la trace dans la comptabilité de la commune chaque année. Le dernier bail retrouvé est signé le 21 avril 1963, pour usage de presbytère, moyennant un loyer de 42 frs  par mois. L’association diocésaine fait une réclamation parce que pour la 1ère fois, la commune lui réclame de prendre à leur charge le montant de l’impôt foncier (autrefois, dispensé). La commune prendra en charge différents travaux dans les années qui suivront : 1967, remplacement du mur de clôture effondré par un grillage ; 1968, travaux de plomberie avec installation d’un lavabo ; 28 mai 1974, remplacement de la couverture par l’entreprise Niquet de Boves ; 7 juillet 1977, remplacement de l’ancien chauffage par une chaudière au fuel avec cuve à mazout, eau chaude et sanitaires ; septembre 1985 pose de persiennes par l’entreprise Demolliens.

L’abbé Marc Waroux est le dernier à y habiter. Le logement du prêtre est alors installé route nationale. Le presbytère, longtemps laissé vide est ensuite aménagé pour des cours d’informatique, puis devient la Maison des Associations. Depuis que les associations ont  leur nouvelle maison, de nouveau les locaux sont restés inoccupés.

Après un rafraîchissement en 2014, le matériel informatique a été revu et remis en service, Ludovic y donne des cours aux habitants le désirant, les élèves de l’école y ont accès. Les locaux reprennent vie.

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