L’Asile occupé

L’Asile occupé

1940 -1944. L’asile de Dury est occupé par l’armée allemande, un lieu de refuge qui servit d’hôpital militaire, à savoir : une salle souterraine avec deux pièces qui complétaient l’ensemble, munie d’une sortie de secours sous forme d’un puits avec échelons. Deux constructions en béton servirent de défense antiaérienne. Ces vestiges sont classés à l’inventaire des Bâtiments de guerre et ne peuvent être détruits. Il n’est guère facile de rechercher la réalité du comportement de l’occupant dans les enceintes de l’asile pendant ces quatre années d’occupation. Toutefois, des témoignages existent, comme celui d’un ancien résistant, Marcel Colignon qui explique dans un ouvrage sur la Déportation le passage d’un patriote dans ces lieux. En juillet 1944, incarcéré pour faits de résistance, Jacques Moignet, prétextant une crise d’appendicite est conduit dans cet hôpital et mis dans une cellule avec un autre détenu (gravement blessé à l’interrogatoire), puis laissé huit jours sans soins. En déduisant qu’il n’avait aucune chance de s’échapper, mais plus d’être massacré, il se déclarera guéri et ramené à la citadelle d’Amiens. Hélas, il périra par la suite dans un camp de concentration en avril 1945. Le 18 février 1944, lors de l’Opération " Ramrod "(2) sur la prison d’Amiens, un condamné à mort est grièvement blessé et transféré à I’ hôpital de Dury, on ne retrouvera aucune trace de son passage... Suite à ce raid britannique, huit femmes et d’autres détenus seront emprisonnés dans les quartiers allemands de l’asile, Tout laisse à supposer l’existence de lieux " d’interrogatoires " assortis d’odieux supplices. Malheureusement ceux qui pouvaient en témoigner n’ont pas résisté aux tortures ou ont été fusillés. C’est seulement le 19 septembre 1944, après la Libération d’Amiens que des fouilles effectuées dans les terrains de l’asile permirent la mise à jour de deux fosses contiguës où gisaient les dépouilles de quatre résistants.

(2) A cette époque, l’Opération dite "Jéricho", n’existait pas. Ce raid aérien se nommait "Ramrod 52" comme la majorité des interventions aériennes (source "Les secrets du bombardement de la prison d’Amiens " de Monsieur Ducellier 2002.

d’après les recherches effectuées par Jacques LEJOSNE, 2003

Paiement CB Alerte SMS

Info Dury

Téléchargez le dernier N°

télécharger