Quatre corps sous la terre....

Quatre corps sous la terre....

Le mercredi 20 septembre 1944, " Picardie Nouvelle " écrit : " Les jours passent mais de temps à autre on découvre de nouveaux forfaits " boches ". C’est ainsi qu’après le cimetière de la citadelle, après Gentelles, Abbeville, Acheux en Amiénois où l’occupant avait fusillé ses victimes, on vient de retrouver quatre corps de patriotes français abattus et inhumés dans l’enceinte de l’asile de Dury les Amiens." C’est grâce aux déclarations de deux habitants d’Amiens que cette découverte a été faite : Messieurs Robert Perque et Mathieu Nys avaient été chargés par l’occupant de creuser des fosses. Ils firent connaître le fait aux autorités et c’est sur leurs indications que les travaux de terrassement furent entrepris le mardi 9 septembre, Quatre corps furent exhumés dont trois identifiés par les services d’identité judiciaire. Il s’agit des corps de Messieurs Georges Matifas, Henri Leroy, Jacques Martin... Ajoutons que les Allemands avaient donné l’ordre d’enterrer les corps sans cercueil, mais pour deux d’entre eux, Messieurs Perque et Nys avaient réussi à se procurer des cercueils, à y placer les corps et à les inhumer sans que les "boches" le sachent. L’exhumation révélera les tortures que Georges Matifas a subies : visage tuméfié, nez écrasé, ceinture meurtrie, mains atrocement allongées, écrasées par l’étau... " Femmes de Picardie " (avril 1945) écrit notamment : " N’oubliez jamais que pour votre libération, des hommes par milliers hurlèrent de souffrance. N’oubliez jamais que les fers rouges, les ongles, les sexes arrachés, les rafales de mitraillette clouèrent aux poteaux les meilleurs de nos fils ? N’oubliez jamais les épouvantables charniers où furent entassés pêle-mêle les vivants et les morts..." Matifas était né le 26 mai 1913 à Amiens puis domicilié à Rivery les Amiens, pendant l’occupation, il exerçait la profession de transporteur. En vérité dans une France obscure, secrète, une poignée d’hommes s’organisait pour la riposte à l’ennemi. Dès les premières heures de l’invasion, Matitas transportait parmi les inoffensifs colis de nombreux soldats évadés des camps de prisonniers pour les conduire en lieux sûrs. A la fin de l’année 1942, il s’engage dans tes Francs-Tireurs et Partisans afin de poursuivre la lutte contre l’envahisseur de sa Patrie. Son nom de guerre "Sylvestre" matricule 3444-17. De jour comme de nuit il va transporter infatigablement des armes, des munitions, les risques sont grands comme la réception un jour de deux valises dont l’une s’ouvrira accidentellement faisant découvrir des papiers compromettants adressés à un résistant, Arthur Masson, un ex-ouvrier tisseur dans la clandestinité.

" Voilà les affaires " d’un patriote appelé Georges Matifas...

Le 18 septembre 2004, à l’occasion du 60ème anniversaire de la découverte de ce charnier une cérémonie c’est déroulée en mémoire des résistants suppliciés. Une plaque commémorative a été inaugurée. Elle est maintenent visible dans l’enceinte de l’hopital Philippe Pinel.

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